Soumoud retourne à Ein el-Hilweh
La deuxième phase commence !
En août dernier, une brigade de travail volontaire organisée par Soumoud et composée d’environ vingt jeunes Européens, s’est rendue dans le camp de refugiés palestiniens d’Ein el-Hilweh, dans le sud du Liban. Nous étions invités par l’association Nashet, qui est formée de jeunes Palestiniens et Libanais.
Ein el-Hilweh est un symbole pour le peuple palestinien tout entier, car il a toujours été en première ligne dans la lutte de libération et représente un bastion de la résistance contre Israël.
Notre brigade de travail, dans les trois semaines qu’elle a séjourné dans le camp, a rénové un petit bâtiment délabré, qui se trouve près de l’entrée principale du camp, qui est contrôlée par l’armée libanaise. Pendant ces trois semaines, avec nos amis de Nashet, nous avons fourni au bâtiment l’essentiel, pour qu’il puisse devenir un centre multifonctionnel commun, un lieu d’échange, de mémoire et d’engagement civil, ainsi qu’un lieu de réunion pour tous les jeunes Palestiniens du camp de refugiés.
Avant de retourner en Europe nous avons organisé une petite fête d'inauguration, où nous avons célébré, dans une atmosphère de fraternité internationale, la conclusion de la première et plus difficile phase du travail. Nos volontaires et ceux de Nashet étaient justement fiers d’avoir obtenu un si bon résultat avec le peu d’argent collecté par Soumoud en Europe, grâce seulement au travail coopératif des volontaires des deux associations.
Il faut maintenant commencer la deuxième phase : fournir au centre l’équipement et les outils qui lui permettront de commencer enfin à fonctionner. Avant tout, il faudra lui fournir tables, chaises, ordinateurs, un serveur, une bonne imprimante. Nous avons aussi besoin d’une ou deux caméras, pour pouvoir commencer une vidéo enquête systématique sur la vie dans le camp de refugiés. Nous souhaitons que notre centre social devienne également un petit mais efficace centre multimédia, qui puisse donner aux jeunes Palestiniens du camp un moyen de communiquer avec le monde extérieur qui est souvent indifférent envers le drame des refugiés qui ne peuvent faire entendre leur voix. Un des buts du centre est précisément de contribuer à faire ainsi que les refugiés palestiniens entrent davantage en contact avec le reste du monde pour pouvoir montrer leur situation et expliquer pourquoi ils ont le droit inaliénable au retour en Palestine.
Pour commencer cette deuxième phase, une nouvelle brigade de travail volontaire ira à Ein el-Hilweh l’été prochain. Nous nous adressons donc aux jeunes gens sensibles et motivés, sincèrement solidaires avec la résistance palestinienne, pour qu’ils s’unissent à la brigade. Mais cette seconde mission serait vaine si nous ne serons pas capables, avant qu’elle commence, de recueillir les fonds nécessaires pour acheter les outils et l’équipement dont nous avons besoin.
Nous fournirons au plus tôt une estimation de la somme minimum nécessaire.
Nous avons besoin de vos donations car nous sommes indépendants des gouvernements et des agences « humanitaires » internationales.
Soutenez Soumoud pour aider le peuple palestinien qui résiste !
Les tâches de la brigade de travail volontaire 2010 de Soumoud
22 juillet – 6 août
- Rénover des meubles usagés et/ou en construire de nouveaux (sous la supervision d’artisans du lieu)
- Organiser un réseau informatique et une salle multimédia
- Produire un documentaire sur la vie dans le camp d’Ein el-Hilweh et le travail de la brigade (avec la supervision et l’enseignement d’un expert du lieu)
Nous avons encore besoin de quelques milliers d’Euros !
La restructuration de l’immeuble qui sera utilisé comme centre culturel et politique, ouvert à tous les jeunes du camp de refugiés, a coûté (en plus de trois semaines de travail par une vingtaine de volontaires, qui ont payé par eux-mêmes leurs frais de voyage, hébergement etc.) presque 10.000 Euros, et meubler et équiper l’immeuble rénové est coûteux aussi.
Soumoud n’est pas un ONG, elle n’est pas subventionnée par les gouvernements, l’Union Européenne ou les Nations Unies. L’argent qui sera utilisé pur ce projet doit être propre, il ne peut venir de ces mêmes institutions qui soutiennent ou tolèrent l’agression contre le peuple palestinien.
Nous avons déjà fait beaucoup, mais nous ne pouvons atteindre le montant d’argent nécessaire pour rendre le centre opératif que si beaucoup de gens participent.
Vous pouvez faire une donation en cliquant sur le bouton ci-dessous ; il est possible d'utiliser un compte PayPal, une carte de crédit (mȇme prépayé) ou un virement en ligne.
Si vous préférez les méthodes traditionelles, vous pouvez effectuer un virement sur notre compte courant :
au nom de : Sumud: volontariato e resistenza
chez : Banca Popolare Etica
IBAN : IT19U0501802800000000127032
BIC : CCRTIT2T84A
Si vous avez des doutes ou des questions, n’hésitez pas à nous contacter à l’adresse : sostieni@sumud.org.
Nous n'avons rien à leur apprendre
On dirait qu'une catastrophe économique destinée à changer notre mode de vie est en train de s'abattre sur l'Occident. Il était temps ! Nous n'en pouvions plus de cette «aubaine».
Non pas la religion mais l'argent est le plus puissant opium du peuple. Il fallait que le mécanisme infernal de la prospérité matérielle s'enraye pour que les gens comprennent dans quelle hallucinante Matrix ils étaient emprisonnés. Toutefois il n'y a pas de quoi être optimiste.
La peur de précipiter vers le bas alimente les sentiments les plus mauvais qui existent dans l'être humain. Afin de ne pas se retrouver aux plus bas degrés de l'échelle sociale, les «citoyens», désormais transformés en sujets-consommateurs, se cramponneront à n'importe quoi. Ce seront les plus faibles qui succomberont, qui paieront le prix du chaos, c'est-à-dire de la guerre de tous contre tous. L'Etat policier n'est pas seulement une machine diabolique qui se dresse au dehors et contre les personnes, il s'insinue dans chaque citoyen-sujet, qui finit par se barricader dans sa désolante solitude et invoquer «sécurité !».
Par cette supplication sinistre et raciste s'annoncent des temps sombres, la fin des mythes de la liberté et de la tolérance sur lesquels l'Occident a prétendu fonder sa supériorité. La Résistance n'appartient plus seulement aux peuples pillés, agressés et déchirés par les guerres missionnaires de l'impérialisme. La gangrène débute toujours dans la périphérie et rejoint ensuite les centres névralgiques. Maintenant que le premier monde tombe en morceaux, nous devons apprendre ceux qui ont été condamnés à résister à la misère par tous les moyens, gardant allumé le flambeau de leur dignité.
Ce n'est donc pas pour fuir de l'Occident que nous avons fondé Soumoud, mais pour lutter pour un futur de fraternité et solidarité. Nous ne voulons plus apaiser notre conscience en participant aux liturgies habituelles. Nous voulons expérimenter la politique des faits positifs et des exemples contagieux. Nous voulons avant tout nous changer nous-mêmes, car il n'est pas possible de changer le monde sans changer les hommes qui l'habitent.
Ce n'est pas donc en missionnaires que nous allons dans les camps de réfugiés palestiniens. Nous n'avons rien à leur apprendre, ni à les convaincre des valeurs hypocrites au nom desquelles l'Occident, Israël et les régimes fantoches arabes les ont martyrisés et renfermés dans des ghettos. Nous y allons parce qu'ils nous ont demandé de les aider à résister, et pour rendre à l'Occident une partie de la rage, de l'espoir de libération, de l'humanité qui a réussi à survivre dans la Résistance.
Porter nos corps dans l'enfer ou les damnés de la terre ont été jetés, en partager la soif de justice, respirer avec eux l'air de liberté qui les a tenus en vie, ceci est pour nous le volontariat anti-impérialiste. Ceci est Soumoud, l'appartenance à la communauté internationale des derniers, car seulement quand ceux-ci se seront affranchis de leurs chaînes l'humanité entière pourra se dire libre.
